Le procès de Vilain Pingouin

Le procès de Vilain Pingouin

2016 marque le 30e anniversaire de la formation de Vilain Pingouin et même si on aura sûrement droit à quelques spectacles plus commémoratifs au courant de l’année, le groupe, sous la gouverne de son leader Rudy Caya, a plutôt choisi de souligner la chose avec un concert thématique qui sera consacré à la partie plus vindivicative de son répertoire.

Intitulé Le Grand Procès des Vilains, le spectacle se veut une charge à fond de train contre le pouvoir, les consensus confortables et autres dérapages de l’histoire, petite ou grande, qui constituent  une non négligeable, mais néanmoins méconnue part de la discographie du groupe.

Plus engagé que plusieurs de ses collègues, Vilain Pingouin a présenté dès son premier album des pièces qui allaient au-delà de l’anecdote, abordant des sujets comme le suicide, l’apartheid, la guerre et la politique. Porté par des succès populaires comme Le Train et Les belles années, cet album allait tout rafler au Gala de l’Adisq de 1991, propulsant les ventes à un niveau vertigineux pour un groupe rock au Québec.

Loin de vouloir répéter la recette, Vilain Pingouin durcira graduellement le ton et concentrera ses efforts sur le public chez qui résonnait particulièrement cette approche moins consensuelle. 30 ans plus tard, Vilain Pingouin demeure ce qu’on peut appeler un pur et dur. Lucide, mais à peine cynique, Rudy Caya est toujours animé d’une rébellion admirable qui ne semble pas avoir fléchi depuis ses débuts. Philosophe quant à sa relation avec l’industrie de la musique et serein avec la trajectoire de son band à travers celle-ci, il aborde la suite en regardant en avant, en mettant sur pied différents projets qui le gardent vivant, en disant ce qu’il a à dire, sans censure et sans regret.

Comme il est rare dans l’histoire du rock’n’roll au Québec qu’un groupe connaisse une telle longévité tout en demeurant pertinent, sans perdre ses racines et qui, grâce à son succès, a signifié pour beaucoup un exemple du retour en force du rock francophone au Québec dans les années 90, le Musée du Rock’n’roll profitera de l’occasion pour introniser Vilain Pingouin aux côtés des Hou-Lops, Voivod et Aut’Chose au sein du Panthéon du Rock’n’roll québécois.

Plusieurs autres surprises sont prévues pour la soirée, avec quelques invités comme Hugo Mudie des Sainte-Catherines et Oscar Souto d’Anonymus. Le tout au Petit Campus à Montréal le 13 janvier 2017.

Blast All Rotten Fuckers (B.A.R.F.)

BARF

Blast All Rotten Fuckers

Formé en 1986, BARF (Blasting All Rotten Fuckers), est issu de la scène « Crossover » ou « Défonce » qui a pris forme Chez Émile (espace de locaux sur la rue St-Thimoté à Montréal), ou sévissent Damnation, Voivod et les parties légendaires des Burning Tall.

BARF émerge au sein de la scène locale grâce à son mélange unique de punk-hardcore métallisé, en français et en anglais. La pièce « Wo wo tabarnak » en sera un populaire exemple, parue sur la compilation « Lachés Lousses » en 1990 et qui marquera le début de la période la plus prolifique du groupe.

Le généreux « Tumulte » frappera de ses 29 salves la scène alternative francophone en formation de l’époque et portera BARF dans le haut de l’affiche avec Groovy Aardvark et Grim Skunk, dont l’influence commune fera de la décennie 90 la période la plus heavy de l’histoire de la musique du Québec.

Les parutions de « Ignorance, Chaos, Suicide » et de « Surprise » y contribueront sans aucun doute et soulignera l’évolution certaine du groupe qui, avec ses prestations remarquées au festival Polliwog, assurera à BARF sa place dans le cœur de milliers de fans à travers le Québec et dans le grand livre de l’histoire du rock.

La parution de l’album « Live » en 1999 viendra confirmer à ceux qui en doutaient encore de l’efficacité redoutable du quatuor. Le DVD « From the grave » en 2004 annoncera une pause pour le groupe, pause qui se terminera seulement en 2012 avec un retour retentissant sur la scène du « Heavy Montreal ». Un album verra le jour en 2014, qu’un Gamiq viendra couronner comme meilleur album métal de l’année, confirmant que le temps n’avait en rien diminué la force de frappe du groupe.

2016 marque le 30e anniversaire de BARF et loin de ralentir la cadence, le groupe s’apprête à vivre une de ses années les plus actives depuis longtemps et de célébrer bruyamment avec ses nombreux fans le plaisir d’être encore sur scène grâce à eux. Une bonne occasion pour tous de redécouvrir ce groupe unique, sans qui la scène locale ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui.


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