HÉLIODROME

HÉLIODROME

Héliodrome a vu le jour en 2006, fruit de la rencontre entre le rappeur Frédérick Galbrun et le multi-instrumentiste Pascal Langlais. Mieux connu sous le nom scénique de Khyro, Frédérick Galbrun s’est avéré un artisan majeur de la scène rap francophone au Québec. En tant que membre fondateur du groupe Traumaturges (l’album Suce mon index, sorti en 2000) et du collectif Atach Tatuq (albums La Guerre des Tuqs, paru en 2003 et Deluxxx en 2006),  Khyro s’est forgé la réputation d’un rappeur introspectif, plus près d’une poésie imagée que d’une narration évènementielle.

Toutefois, c’est la passion du free-jazz et de la musique expérimentale qui a poussé à la création d’Héliodrome. En 2006, Pascal Langlais a fait paraître un mini-disque compact sous le pseudonyme de Rosemo(u)nt Anti-Quartet, un projet de free-jazz échantillonné et reconstitué, qui a initié la rencontre entre les deux protagonistes. Leur but était alors de trouver une combinaison entre le Hip-Hop et le free-jazz.   Cette rencontre s’est avérée décisive pour entreprendre la création d’un des albums de rap québécois des plus étranges. Ainsi,  en 2008, le duo a fait paraître « La lumière ordinaire du jour » sous le label Endemik Music. Ce premier album, principalement composé d’échantillons de jazz obscurs, a permis au groupe de définir une identité qui leur est propre, s’éloignant radicalement des courants populaires du rap francophone. D’ailleurs, en termes de texte et de rap, Héliodrome marche sur le mince fil qui sépare le rap et le slam, optant pour des textes cryptiques et personnels, livrés dans un débit qui rappelle plus les groupes français Programme et Diabologum.

Les disques et les concerts subséquents d’Héliodrome ont toutefois délaissées l’échantillonnage pour se concentrer plus sur l’improvisation musicale. Ainsi, sur les différents projets, Héliodrome s’est entouré de musiciens et a multiplié les collaborations scéniques avec des artistes tels que; Will Eizlini, Eric Gingras, Leon Lo, Olivier Borzeix, Guido Del Fabro, Mélanie Auclair, Alexandre St-Onge, Michel F. Côté, Bernard Falaise… En 2010, ils on sorti l’album Swearing at the Sun, une collaboration improbable avec le musicien allemand Jayrope (Air Cushion Finish), résultat d’une séance  d’improvisation à l’appartement de ce dernier à Berlin. En 2011, ils ont retrouvé Éric Gingras (Avec le Soleil Sortant de sa Bouche, Enfant Magique) pour enregistrer un disque 45 tours pour l’étiquette suisse Luana Messed Up Records. Ces deux sorties instrumentales, se sont avérées une pierre angulaire pour l’identité du groupe, surtout lorsque que le critique musicale Byron Coley a fait le rapprochement dans le magazine Wire, entre la musique d’Héliodrome et l’esthétique du mouvement Rock In Opposition, une influence pleinement assumée par ses membres.

À cet égard, le nouvel album d’Héliodrome, Le Jardin des Espèces embrasse cette nouvelle esthétique pour créer un genre que le groupe qualifie désormais de Rap In Opposition, mélangeant le rock, le rap, l’électronique modulaire et le free-jazz. Au duo de Frédérick Galbrun (rap, électroniques) et Pascal Langlais (guitares, synthétiseurs), se sont ajoutés le tromboniste/saxophoniste Pierre-Guilhem Roudet, le batteur Samuel Bobony (Black Givre, Avec le Soleil Sortant de sa Bouche) et Éric Gingras à la basse, leur permettant de voguer à leur guise dans les eaux troubles d’un genre musical en constante mutation.

DISCOGRAPHIE

  • Le Jardin des espèces ( Endemik 2017)
  • Looking for Dr. Benway/Black Meat (Luana, 2011)
  • Swearing at the Sun (Endemik, 2010)
  • Il n’y a plus de fleurs au jardin des hommes (2009)
  • Allons, livrons-nous au culte des étoiles (2009)
  • La lumière ordinaire du jour (Endemik, 2008)