La date musicale du Retour – Héliodrome

La date musicale du Retour – Héliodrome

Tous les jours de la semaine, l’émission du Retour à CIBL consacre sa dernière demi-heure à un artiste ou à une formation musicale, où ceux-ci y interprètent des versions spéciales de leurs oeuvres et présentent leurs univers aux auditeurs. Le 20 juillet, Héliodrome était en studio. Bonne écoute.

  1. La date musicale du Retour Héliodrome 29:31

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La date musicale du Retour – Lew Philipps

La date musicale du Retour – Lew Philipps

Tous les jours de la semaine, l’émission du Retour à CIBL consacre sa dernière demi-heure à un artiste ou à une formation musicale, où ceux-ci y interprètent des versions spéciales de leurs oeuvres et présentent leurs univers aux auditeurs. Le 14 juillet, Lew Philipps était en studio. Bonne écoute.

  1. La date du Retour Lew Philipps 14:23

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Sur le corner en direct Saison 2 Épisode 5

Sur le corner en direct Saison 2 Épisode 5

Sur Le Corner En Direct - S02E05

Ce soir Groove Nation 410 Rachel Est et LIVE sur FBde 19h a 21hKeithy Antoine LadyspecialkFeezy CisséFrancois PettigrewZalema Ott LanduBilly John DatusHorg ManKaren PleselJo Mocashmo Jimeno RomeraEric Brousseauouvert a tous18+

Posted by Sur Le Corner En Direct on Monday, June 26, 2017
La Paire d’Écouteurs Saison 3 Épisode 5

La Paire d’Écouteurs Saison 3 Épisode 5

La Paire d'Écouteurs S03 ÉP05 invité: Le band CORRIDOR

Le nouvel Épisode de La Paire d’Écouteurs est en ligne!! Cette semaine: #CORRIDOR est avec nous!Aussi: Les critiques de #KATYPERRY / #FUUDGE / #ALT-J / #IGORRR et autres! Un joli chaos, du gros fun, pour les passionnés de musique!! Partagez!

Posted by La Paire d'Écouteurs on Thursday, June 22, 2017
Cannabis au Canada – Chronique d’un chaos prévisible.

Cannabis au Canada – Chronique d’un chaos prévisible.

On le sait, le gouvernement fédéral envisage de légaliser la consommation et la vente de cannabis à des fins récréatives à compter du 1er juillet 2018, si tout va bien. Plusieurs voix se sont élevées pour s’opposer ou suggérer des cadres particuliers, comme l’âge légal pour en consommer ou la façon que le produit sera vendu. Certains ont évoqué un modèle semblable à la Société des Alcools ou via les pharmacies, mais jusqu’à maintenant, rien n’est clair quant aux côtés pratiques et techniques de ce commerce au Canada et surtout, comment chaque province choisira de le faire.

Plusieurs consommateurs ont espoir qu’un modèle comme celui du Colorado sera choisi, où avec un certain cadre légal, le commerce est l’équivalent d’un « liquor store » et ouvert à quiconque capable de répondre aux exigences de la loi. Les clients doivent avoir 21 ans et ne peuvent posséder plus de 28 grammes de cannabis ou de THC, sous forme de produits dérivés comme la nourriture, des huiles ou autres. Les lois quant à la fumée ou la conduite avec facultés affaiblies s’appliquent, tout comme la consommation en public ou en présence de mineurs.

Les mêmes lois s’appliquent également en Uruguay, qui a choisi d’encadrer la vente sous un modèle étatique, avec une limite d’achat mensuelle de 40 grammes. Par contre, plusieurs déplorent que les dispensaires tardent à ouvrir et que la qualité laisse à désirer.

Chacun de ces modèles permet aux citoyens d’en cultiver pour leur usage personnel, avec des limites de possession moins restrictives que celle qui régit le commerce. En Uruguay par exemple, chaque citoyen peut faire pousser jusqu’à 6 plants chez lui ou former un club pour mettre ces limites en commun et multiplier le nombre de plants.

Même si techniquement illégaux au Canada, les clubs compassions fonctionnent un peu sur le même modèle, additionnant les droits de culture de chacun de leurs patients pour posséder et distribuer les produits du cannabis. Légalement, les citoyens ayant reçu une ordonnance d’un médecin avec les autorisations pour le faire, doivent se procurer le produit via des distributeurs reconnus par le gouvernement fédéral et ne peuvent posséder plus que ce qui leur a été prescrit par mois. Mais comme le système a tardé à être déployé et que longtemps, la qualité n’était pas au rendez-vous, les restrictions ont été challengées en cour et ont permis aux clubs compassion de se déployer entretemps. Mais comme la tolérance de ces commerces dépend des municipalités, leur présence est limitée et leur exploitation demeure légalement risquée. Le nouveau projet de loi demeure vague quant à cet aspect de la distribution et fera surement l’objet de discussions spécifiques, on l’espère, dans le même souffle que l’aspect récréatif.

Mais force est de constater qu’à 12 mois de la prétendue mise-en-place de la loi, peu ou pas de détails sont connus quant à l’application de celle-ci et de la mécanique qui l’encadrera. On apprend par contre que l’industrie s’organise et que, ô surprise, des proches du Parti Libéral du Canada font partie de ces initiatives qui, ô hasard, ont eu les fameuses autorisations pour procéder. Ce qui nous laisse croire que, contrairement à d’autres promesses électorales comme la réforme du mode de scrutin, la loi sera malgré tout en vigueur à la date prévue.

Qu’un relatif chaos suivra, c’est prévisible. Que des chaines de Walmart du cannabis vont probablement voir le jour, au milieu des différentes entreprises plus ou moins indépendantes qui ne manqueront pas de pousser un peu partout au pays. Le temps que les provinces réagissent et réglementent à leurs façons ce que le fédéral aura balancé dans leur juridiction. Ensuite viendront les législations municipales et même selon les arrondissements, si on se rapporte à Montréal. Si c’est maintenant la confusion, ce n’est rien comparé à ce qui se passera après le 1er juillet 2018. Bienvenue au Far-West.

Ça fait longtemps qu’j’ai arrêté d’chanter

Ça fait longtemps qu’j’ai arrêté d’chanter

 

Ça fait longtemps qu’j’ai arrêté d’chanter. Autour de 17 ans, la nuitte à Terrebonne, j’avais l’habitude de m’rendre a’ec mon discman à l’ïle-des-moulins ou ben donc à Hauteville pour m’époumoner en me prenant pour le chanteur d’Alice In Chains. J’crachais des harmonies improbables à plein poumons. Si j’faisais souvent ça en cachette en me rendant le plus loin possible de la civilisation, y m’arrivait aussi de m’en calicer ben raide pis d’continuer à chanter pareil si j’rencontrais quelqu’un sur le trottoir. T’as pas toujours le temps d’allé t’cacher pis des fois l’envie de chanter quand c’est ta toune est trop forte pour attendre d’être rendu assez loin pour que pu parsonne t’entende. M’en crissais par boutte. Surtout quand c’était Downward spiral de Nine Inch Nails où d’autres affaires violentes de même. C’était toujours de bon coeur, mais rarement les bonnes paroles qui sortaient de ma yeule (j’comprennais pas encore l’anglais dans l’temps). Ce que je savais par contre c’est qu’au moins j’chantais ben. J’avais le swag pis l’attitude. J’pratiquais mes mimiques pis mes moves pour plus tard. Pour quand que j’allais être une rock star.

De c’te manière-là, j’ai été Matt Johnson de The The, Martin L. Gore de Depeche Mode, Robert Smith de The Cure pis Frank Black dins Pixies. J’chantais mieux qu’les frontmen des bands que j’écoutais. J’aurais pu remplacer au pieds levé n’importe quel d’entre-eux. J’savais pas les paroles exactes, mais en show, anyway, tu comprends jamais rien de qu’est-ce qu’ils disent. Sans le savoir peut-être, j’avais inventé le mumble rap avant l’heure. J’ai été Jean Leloup itou l’été où la cassette de L’amour est sans pitié est sortie. J’l’avais appris par coeur. J’avais acheté la cassette quand était sortie fait que moé, j’avais la version de avant qu’ils rajoutent 1990 pis La décadence dessus. Ça arrêtait à Smoky Man.Le fun de chanter du Jean c’est que c’était en français au moins (enfin presque). J’savais c’que j’disais. L’monde m’appelait The Wolfe. J’avais sa coupe, ses coats pis son smile. J’étais l’gars qui chantait super fort Cookie quand y marchait dans rue.

Dans le temps qu’Check your head des Beastie est sorti, j’avais trouvé dins vidanges des headphones vintage à l’os. Années 60 style. Des osties de grosses coquilles blanches avec des EQ pis des pitons de volumes de chaque bord. Y marchaient mal. Mon chum Éric Élias pis son père, quand y ont vu ça, ils me les ont réparées pis rembourrées a’ec d’la mousse. Ça sonnait que le tabarnak! Mais j’avais l’air d’un extra-terrestre a’ec ça su’a tête. Me promenais le soir ben gelé à l’ïle-St-Jean a’ec Siamese dream de Smashing Pumpkins au bout dans l’casque. J’faisais tou’és cris d’bébé qu’on étripe de Billy Corgan tout pareils. Proche d’la passerelle le soir, y a parsonne qui va se promener là. Tu rencontres jamais parsonne. Fait qu’tu peux chanter jusqu’au bout de ton souffle sans t’faire poigner. C’est comme quand t’es dans ton char sur l’autoroute pis que c’est ta toune de Céline Dion qui passe pis qu’tu peux la scrapper autant que tu veux en chantant par dessus parce qu’il y a parsonne qui peut t’entendre. Sauf j’ai jamais eu d’char.

M’manquait rienque de m’monter un band pis de m’trouver des paroles à moé. J’pouvais te chanter du Sisters of mercy comme du Rage against the machine. J’pouvais interprété n’importe quelle partition. J’aurais pu t’faire un disque de Jane’s addiction le soir pis du Kate Bush le lendemain matin. J’étais rendu assez bon qu’je me suis dis que la seule manière d’faire carrière là-d’dans c’était d’allé vivre à Montréal. Fait qu’chus parti. Avec ma pile de disques compact, mon discman pis mon rechargeur de batteries.

Quand chus arrivé en ville, j’ai essayé de continuer d’chanter dans rue a’ec mes headphones d’enfoncées su’a tête. Mais j’avais juste l’air d’un crisse de fou. J’trouvais pas de place ni de grand espace pour m’exprimer. À Montréal, y a toujours quelqu’un quelque part pour t’entendre même si tu chantes dans l’fond d’une ruelle. Pis j’pouvais pas m’mettre à chanter chez nous non plus. La voisine d’en bas. Des fois, j’poussais la turlute on my way to the subway Joliette. Une couple de phrases vite vite. Pas plus. Pas trop forte non plus. Ça se peut que quelqu’un te suive ou qu’il en ai un autre qui s’en vienne plus loin pis que t’as pas encore vu. On sait jamais. Fait que j’ai commencé tranquillement à farmer ma yeule. De plus en plus. De moins en moins d’son. Jusqu’au silence complet.

Lentement la ville te tue pis t’étouffes. Au début, tu salues tout l’monde tu rencontres. Par habitude. Comme quand t’habitais à Terrebonne. D’où tu viens, tu connais tout ceux que tu croises. Les premiers temps, tu continues à faire des smiles comme si tu te promenais à L’Île-des-Moulins, mais tu t’rends compte tranquillement que tu connais parsonne dans l’fond, qu’les gens en ont rien à crisser d’toé. Ils veulent juste faire leu’ p’tites affaires d’leu’ bord sans s’faire écoeurer. Soit qu’ils t’prennent pour un débile quand tu leu’ parles, soit qu’ils pensent que tu leu’ quêtes du change. Fait qu’peu à peu tu vas pu à recontre de personne. Tu t’ramasses tu-seul parmi une gang de tu-seuls ensemble. Le refrain de I Stay away dans toune d’Alice in chains devient un hmm hmm à peine audible dans l’fond d’ta gorge quand tu l’as fais jouer dans tes oreiles. Pis ben vite pu rien pantoute. Y a juste les écouteurs qui émettent des sons. T’as même pu l’air d’être en train d’écouter d’quoi. Ça pourrait qui ai rien qui joue. Pis même si tu voulais pousser une note, t’as tellement perdu l’habitude que c’est rendu qu’t’as pu d’voix.

J’ai fini par devenir chanteur pour de vrai. Mais juste du rap. Pas d’belles notes pis tout. Rien qu’du parlage par dessus des loops. Pas de grosses notes poussées du fin fond du ventre. Le plus proche que chus allé de chanter pour vrai c’est quand j’me su pris pour Johnny Lydon sur un stage a’ec Gatineau. Sinon, j’sonne souvent flat. J’ai choisi le style musical le plus loin possible de David Byrne. Même si j’voulais, j’pourrais pu. J’sais pu comment on fait. J’ai oublié la manière de m’laissé aller itou. J’ai perdu ma voix en traversant l’pont Pie IX en 95. J’ai tout arrêté ça en arrivant à Montréal. Ça fait longtemps qu’j’ai arrêté d’chanter.