Critique d’album – rosemo(u)nt antiquartet : diverses envolées de voix en essaims d’esseulement

Critique d’album – rosemo(u)nt antiquartet : diverses envolées de voix en essaims d’esseulement

En cette époque de l’image obligatoire, il est quand même rassurant que certains sachent encore les évoquer sans avoir à nous faire un dessin. Ypl, le musicien qui officie avec quelques formations, dont Héliodrome, présente cette fois pour ce projet le rosemo(u)nt antiquartet. Le compositeur signe avec diverses envolées de voix en essaims d’esseulement une oeuvre qui laisse présager des circonvolutions apaisantes dans les premiers instants mais qui évoluent souvent vers des crescendos épiques rappelant les oeuvres d’un Carpenter ou d’un Williams. Trame sonore d’un hypothétique thriller post-apocalyptique, la juxtaposition de l’instrumentation « conventionnelle » avec les échantillonnages et des éléments électroniques est parfaitement en phase avec le narratif cinématographique proposé. Chaque élément nous ancre dans cette histoire ressentie et suggère des scènes à développer selon notre imagination. Une œuvre très forte de ypl, produite par Scott Da Ross, qu’on recommande sans réserve.

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Ô Cannabis

Ô Cannabis

Je ne sais pas si c’est parce que beaucoup de mes amis et membres de mon réseau sont des potheads mais depuis lundi, mon fil Facebook est pratiquement envahi par cette mauvaise herbe tant aimée. Oui c’est 4 : 20 aujourd’hui et Vice annonçait en début de semaine que c’était la semaine de l’herbe (Weed week). Je ne sais pas si c’est une vraie affaire, mais voilà.

Justin Trudeau a au moins réalisé une de ses promesses électorales et annonçait la semaine dernière les modalités de la légalisation du cannabis au Canada. J’espère que ça se fera plus comme au Colorado qu’en Uruguay, c’est-à-dire gérée par des entrepreneurs plutôt que par l’état. Mais comme les recommandations des comités consultés vont plutôt dans le sens d’un contrôle par les gouvernements provinciaux, je doute un peu de la façon que ça va se faire et me demande si c’est vraiment une bonne idée laisser le commerce d’un produit à une entité qui ne l’aime pas vraiment et de donner accès à ce produit à une majorité qui autrement s’en passait sans trop s’en plaindre.

Les consommateurs actuels, qui sont habitués à un certain produit d’une certaine qualité, vont-ils délaisser leurs fournisseurs habituels pour passer au produit contrôlé par l’état, qui ne tardera pas à avoir la même attitude face à ce produit que celle qu’il a quant à la cigarette. Ou qui limitera la quantité de THC ou de CBD des produits disponibles, parce qu’un autre comité en aura fait la recommandation. Si c’est le cas, plusieurs vont vite revenir à leurs anciennes habitudes et l’un des objectifs de cette nouvelle loi passera dans le beurre. Mais il ne faut pas se leurrer. La vraie raison de vouloir légaliser cette substance c’est son potentiel de remplir les coffres de l’État et les recommandations faites dans le sens d’une gestion par celui-ci de son commerce sont du même ordre. C’est une bonne idée pour l’État, mais ça n’améliorera pas la situation économique des Canadiens. Ce n’est pas comme si l’État est si habile que ça à gérer les finances publiques, juste à voir le gouffre du déficit causé par de nombreuses administrations supposément meilleures que les précédentes pour s’en convaincre. Comme on peut s’y attendre, certains privilégiés vont s’en mettre dans les poches, mais la majorité n’y verra que de la boucane et sera sûrement un peu plus mêlée qu’avant devant cette nouvelle magouille légale.

Loin de moi de vouloir faire l’apologie des criminels ou autres commerçants « alternatifs », mais c’est être de mauvaise foi que de prétendre qu’ils ne participent pas à l’économie parce qu’ils ne paient pas des impôts spécifiquement sur ces produits. Indirectement ils le font. Parce que l’argent c’est fait pour être dépensé et ils ont des maisons, des autos, vont au restaurant, s’habillent et tout le reste, comme n’importe qui. Ce qui enrichit plein de monde autour d’eux. Multiplions ça par 1000 ou plus, et l’effet sur l’économie est assez probant. Mais si on concentre ce commerce entre les mains d’un monopole de l’état, je doute fortement que ces sommes aient le même effet et qu’on aille enfin des écoles qui ont de l’allure ou des routes carrossables. Mais on peut être sûr qu’une compagnie X va profiter d’un juteux retour d’ascenseur et distribuera le résultat à quelques privilégiés pour engraisser leurs paradis fiscaux respectifs. Ce n’est pas comme si on n’avait jamais vu ça avant. Plutôt que de répéter les mêmes scénarios comme celui de la SAQ, ça serait vraiment plus souhaitable de laisser pour une fois les entrepreneurs profiter d’une manne qui, on s’en doute, aura des retombées positives et qui profitera quand même à l’État. Et de penser aussi à ceux qui sont déjà des consommateurs, ceux qui ont milité pour sa décriminalisation depuis longtemps et ceux qui savent de quoi il est question. Parce que selon ce qui se dessine, ces braves se retrouveront exclus d’un processus qui aurait à gagner de leur implication.

Le cannabis peut être aussi intéressant que la bière, tant qu’on laisse aux petits producteurs et détaillants la chance de le démontrer. Parce qu’un monopole d’État rassurera peut-être ceux qui ont toujours été contre ce produit, mais ne desservira pas adéquatement ceux qui feront résonner le tiroir-caisse de l’État et au final, on se retrouvera encore avec un marché parallèle qui profitera de ce commerce pour refiler autre chose que la qualité à laquelle on sait capables les producteurs actuels et des connaissances de ceux qui en vendent. Ce n’est pas tous des Hells Angels ou des louches du Square Berri. Si on est rendu à la légaliser, c’est parce que ces gens-là ont su convaincre de façon intelligente ceux qui ont le pouvoir de changer les lois. Ça serait bête de ne pas profiter de ce qu’ils ont à offrir et ça serait au bénéfice de l’ensemble des Canadiens. Et de l’État aussi.

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Dans loge avec Mathilde Laurier

Dans loge avec Mathilde Laurier

“On le fait sérieusement, sans trop se prendre au sérieux!”

Cette semaine on va visiter la Loge de Mathilde Laurier! Dans une ambiance super relax, on vous a préparé une petite F.A.Q. et probablement notre épisode le plus éclectique / le plus long pour l’instant. Enjoy!!!

Dans loge avec Mathilde Laurier

par Mathilde Laurier | Dans loge


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Le temps du numérique.

Le temps du numérique.

 

On dirait que ces derniers temps, il ne se passe plus un mois sans qu’un événement « Numérique » soit à l’agenda, que ce soit par rapport à la culture (terme à la portée de plus en plus large, voir le Culturefest pour s’en convaincre), l’économie, la science et autres. Pour la plupart sur invitation ou à l’achat d’un passeport à des prix, disons, institutionnels. Les médias en rapportent des échos, notamment l’intervention d’Alexandre Taillefer au sujet d’un Google québécois, mais la plupart de ce qui s’y dit restent plutôt à l’interne, si on peut dire. Et probablement que les sujets n’intéressent pas tant de gens que ça non plus. On est combien sur la planète à vraiment triper sur Blockchain ? Mais pour ceux que ça intéresse, mais qui ne sont pas vraiment dans la business, qui n’ont pas les moyens ou que les dates en pleine semaine n’adonnent pas du tout, parce que ça prend une job pour faire de la musique genre, qu’est-ce qui reste ? Néant. Et pendant que se discute ce qui pourrait être notre avenir, le système s’organise organiquement pour survivre, avec les moyens disponibles maintenant. Et des habitudes s’installent, ce qui à terme pourrait constituer un obstacle pour l’innovation qu’on semble appeler de tous nos vœux.

Je ne dénigre pas l’effort qui se fait en ce moment pour la mise à jour numérique des industries culturelles et autres du Québec. C’est un exercice nécessaire qui va en réveiller plusieurs sur le présent et le futur qui s’en vient, du moins on l’espère. Mais je crois que c’est des informations assez importantes pour l’avenir du Québec et de la planète pour qu’elles soient diffusées intégralement et abondamment. Parce que ce qu’on va faire avec le numérique dépend de tous. Oui, des innovateurs vont arriver avec des gugusses qui vont faire un peu de broue, qui va peut-être les rendre millionnaires parce que Google ou Apple vont racheter les gugusses, mais l’univers numérique sera toujours dominé par justement Google, Apple ou Facebook. Parce que la mentalité générale, du moins ce que j’en déduis, c’est qu’on ne peut rien y faire, embarque dans le bateau sinon tu coules. Ça diffère un peu chez les innovateurs/entrepreneurs, mais l’idée de se mesurer aux géants est la aussi jugée assez wtf ? D’où l’accueil plutôt éberlué de la communauté aux déclarations d’Alexandre Taillefer.

Mais pour ceux qui sont moins dedans, pour qui le web est encore un ennemi, ou encore ceux qui en subissent les désagréables conséquences, les idées de M.Taillefer ne sont pas si farfelues, au contraire. Sachant que nos concitoyens délaissent les structures locales pour acquérir une partie des produits et services dont ils ont besoin, il est tentant de vouloir se substituer aux entreprises qui ont pris le contrôle de ces canaux commerciaux. Les moyens nécessaires pour y arriver sont sans doute d’un ordre de grandeur qui donne le vertige, mais l’éducation économique de ces mêmes concitoyens demeure le plus grand défi auquel font face ceux qui croient que la tendance est réversible.

On le voit à petite échelle avec les difficultés qu’éprouvent certains artisans à vendre à juste valeur des produits du terroir, qu’ils soient bios, équitables ou écoresponsables. Même ceux qui sympathisent avec ce mouvement tiquent devant une paire de bas à 36 $ ou un foulard à 300 $, même si c’est fait à la main avec de la laine d’alpagas en liberté. Imaginez ceux qui se ruent au Wal-Mart pour économiser 25 $ sur une télévision lors du Boxing Day. On sait pourquoi ça coute tant, mais on fait le choix de mettre nos principes de côté le temps de s’acheter une paire de bas « Made in China » sur Amazon. Parce que c’est moins cher, pratique et que tout le monde le fait. C’est la nouvelle normalité. Mais qu’après avoir mis ses bas et qu’on sort dans la rue, on déplore les commerces fermés, c’est soit de l’aveuglement volontaire ou une inconscience gênante face aux conséquences de nos choix économiques. Nos dollars, même ceux à crédit, ont un énorme pouvoir sur l’économie. Tout ne se décide pas au-dessus de nos têtes. Et les taxes ou les impôts ont une responsabilité plus limitée qu’on croit sur la santé économique générale. C’est encore aux consommateurs qu’incombe la responsabilité de la rentabilité de telle ou telle entreprise. Là où on met nos dollars décide de la suite des choses. C’est une évidence qui n’est pas évidente pour tous. Et c’est là que le travail reste à faire et il est colossal.

Parce qu’au-delà des structures concurrentes, le défi numérique du Québec se trouve dans nos habitudes de consommation. Parce qu’on aura beau avoir « the best new thing on the web », si personne ne l’utilise, ça ne sert à rien. Ça prend un mouvement collectif, une mobilisation au-delà des initiés ou des purs et durs, pour qu’une économie basée sur sa géographie ou son identité culturelle et démographique puisse atteindre un niveau de rentabilité qui justifie les efforts.

L’ère numérique commande quant à elle une plus vaste communication et c’est le défi auquel devront s’adresser les innovateurs et entrepreneurs de demain, mais aussi la classe politique et les autres décideurs. Au même titre que les programmes Éduc’Alcool ou La Culture à l’école, il faudra investir dans la conscientisation face à nos choix économiques individuels ou collectifs. Parce que si on fait le choix collectivement de revoir les composantes de la structure économique sur laquelle on s’appuie en partie, il faudrait au moins le faire en connaissance de cause. Le numérique nous offre cette opportunité, à nous de s’en servir. Ou non.

C’est le temps de choisir notre camp.

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C’est nous autres les kings #15 – Mardi Noir

C’est nous autres les kings #15 – Mardi Noir

À l’aube de la parution de son 2e album, Mardi Noir s’est prêté à l’exercice de l’entrevue de promotion mais avec une twist “C’est nous autres les kings”, au milieu d’une Casa del Popolo quand même assez bruyante pour un samedi après-midi. Pas grave, on monte le son, c’est le retour du rock, façon Mardi Noir. Bonne écoute.

C'est nous autres les kings #15

par Mardi Noir | C'est nous autres les kings


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