Dans Loge avec Athena

Dans Loge avec Athena

“On l’fait sérieusement, sans trop se prendre au sérieux”

Cette semaine, on jase vidéoclip, changement de musiciens,bières et anecdotes avec Athena. On a rejoint Maxime, Olivier et Rodg dans leur chaos bien arrosé pour apprendre à mieux les connaitre. Nous avons aussi reçu un petit message de Mathias (Oktoplut) qui se trouve à la fin du podcast.Enjoy!

https://www.facebook.com/athenaband/

  1. Podcast - Dans Loge avec Athena Sarah Morasse et David Jobin 1:28:22

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La sécurité

La sécurité

Même si je vais voir plein de shows depuis que je peux, les fois où je suis allé au Centre Bell ou au Forum jadis, se comptent sur 2 mains. Vrai, je suis plus alternatif/scène locale/émergent, mais j’aime aussi les classiques (je regrette encore de ne pas avoir été au show des Beach Boys avec Brian Wilson), mais à 75 $ le billet, j’ai rarement le budget. Et comme on peut voir 10 shows avec le même budget au Divan ou au Turbo, je préfère ce genre de salle.

Mais des fois, j’y vais, parce qu’on a eu des billets gratuits la plupart du temps. Le dernier show que j’y avais vu c’était Black Keys, avant c’était les White Stripes, fait que ça fait un bout. Même chose pour le hockey ou Disney on Ice, ça fait un bout.

J’y suis retourné dernièrement, pour le show de Zaz, une expérience particulière pour plein de raisons, mais surtout qui a commencé de façon désagréable.

J’ai eu la surprise de voir les mesures de sécurité maintenant en place, avec les portillons/détecteurs de métal, dignes d’un aéroport ou des douanes américaines. Vraiment ? On est rendu là ? Je comprends le fouillage de sacs, même si c’est ça aussi exagéré et que souvent ça n’a rien à voir avec la sécurité, mais passons.

Peut-être que ces détecteurs de métal sont vraiment nécessaires parfois, je ne connais pas trop la clientèle du Centre Bell, peut-être que ça brasse des fois, mais on s’entend qu’à un show de Zaz, les risques de grabuge sont assez mince, sinon inexistant. Mais pour une raison x, la sécurité était aussi lourde qu’à un gala de lutte « bring your weapon ».

En tant que propriétaires de la place, ils peuvent bien mettre la sécurité qu’ils veulent. Et ce que j’en dis, ce n’est pas très important, je ne suis pas le client type. Mais je ne peux m’empêcher de constater une tendance. Comme si la psychose post-9 septembre 2001 avait atteint plus que les autorités diverses maintenant armées jusqu’aux dents.

Et nous, on a appris à docilement se mettre en rang, à vider nos poches et enlever nos souliers, tout en se faisant regarder comme un potentiel terroriste et tâter l’entrejambe. Sans rouspéter, parce que le reste du troupeau n’aime pas quand ça rue dans les brancards. Et c’est bien ça le pire.

Parce que ces mesures de sécurité, c’est comme si ça faisait l’affaire de la majorité, qu’à force de suggestions de sa nécessité, on en est venu à accepter que tout le monde est peut-être un criminel, vaut mieux ne pas prendre de chance. Qu’on est jamais trop prudent.

Mais toute cette prudence et cette méfiance, ça ne fait qu’éloigner un peu plus tout le monde. Ça cultive la peur. Peur de l’autre, de l’étranger, du monde qui évolue. Ça encourage un repli sur soi et l’érection de nouvelles barrières, physiques ou mentales, qui nous isolent encore plus. Et qu’à force de réduire l’espace commun libre, c’est justement cette liberté qu’on brade contre une sécurité factice qui profite surtout à ceux qui ont intérêt à ce qu’on ait peur.

Parce que quand on a peur, on en vient à accepter ce qui auparavant nous semblait inacceptable. Comme de se faire fouiller avant d’aller voir une game de hockey ou un show. Et bientôt, ça sera à l’épicerie et dans le métro. Et la majorité trouvera ça normal.


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Trip de tête – Distorsion Psych Fest

Trip de tête – Distorsion Psych Fest

À sa 2è édition, le festival d’allégeance psychédélique surfe encore sur le succès de sa première édition, tenue à cette occasion à l’alors tout nouveau Matahari Loft et à “l’ancien” Esco. Preuve que ses organisateurs avaient vu juste dans l’élaboration de sa programmation, la majeure partie du festival 2017 à dû déménager ses activités à la fameuse Église de l’enfant-Jésus, plus vaste que le Matahari mais qui devrait quand même avoir la vibe “space” de rigueur pour un festival psych.

Une étiquette aux ramifications de plus en plus étendues, le psych prend ici une dimension plus cérébrale et marie des formations autant rock qu’electro, qui partage néanmoins un état d’esprit d’exploration sonore et stylistique apte à nous faire voyager sans à peine bouger les pieds.

Si quelques noms se passent de présentation, tel We Are Wolves, Crabe ou Yonatan Gat, l’affiche du festival présente également des noms avec un certain buzz comme Wizaard ou Avec le soleil sortant de sa bouche et d’autres qui piquent notre curiosité comme Ellemetue (nouveau projet de Mingo l’Indien des Georges Leningrad) ainsi que Acid House Ragas, un side-project de Rishi Dhir (Elephant Stone).

Le surprenant Marché Psychédélique installera son souk également à l’église, qui fut pendant longtemps l’hôte de l’Expozine (entre autres) mais avait dû suspendre cette partie d’activités pour cause de travaux. Ce marché marque le retour de l’endroit dans le circuit. Yeah.

Même si le festival a pris de l’ampleur, ce n’est pas une raison pour oublier ses racines. Distorsion conclura donc le week-end avec un dernier trip au tout nouvel Esco, avec des tacos à $1 et Fet.Nat comme point final d’un festival qui s’annonce “trippy” à souhait.

Horaires et billets – www.distorsionpsychfest.com

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Critique d’album – rosemo(u)nt antiquartet : diverses envolées de voix en essaims d’esseulement

Critique d’album – rosemo(u)nt antiquartet : diverses envolées de voix en essaims d’esseulement

En cette époque de l’image obligatoire, il est quand même rassurant que certains sachent encore les évoquer sans avoir à nous faire un dessin. Ypl, le musicien qui officie avec quelques formations, dont Héliodrome, présente cette fois pour ce projet le rosemo(u)nt antiquartet. Le compositeur signe avec diverses envolées de voix en essaims d’esseulement une oeuvre qui laisse présager des circonvolutions apaisantes dans les premiers instants mais qui évoluent souvent vers des crescendos épiques rappelant les oeuvres d’un Carpenter ou d’un Williams. Trame sonore d’un hypothétique thriller post-apocalyptique, la juxtaposition de l’instrumentation « conventionnelle » avec les échantillonnages et des éléments électroniques est parfaitement en phase avec le narratif cinématographique proposé. Chaque élément nous ancre dans cette histoire ressentie et suggère des scènes à développer selon notre imagination. Une œuvre très forte de ypl, produite par Scott Da Ross, qu’on recommande sans réserve.

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Ô Cannabis

Ô Cannabis

Je ne sais pas si c’est parce que beaucoup de mes amis et membres de mon réseau sont des potheads mais depuis lundi, mon fil Facebook est pratiquement envahi par cette mauvaise herbe tant aimée. Oui c’est 4 : 20 aujourd’hui et Vice annonçait en début de semaine que c’était la semaine de l’herbe (Weed week). Je ne sais pas si c’est une vraie affaire, mais voilà.

Justin Trudeau a au moins réalisé une de ses promesses électorales et annonçait la semaine dernière les modalités de la légalisation du cannabis au Canada. J’espère que ça se fera plus comme au Colorado qu’en Uruguay, c’est-à-dire gérée par des entrepreneurs plutôt que par l’état. Mais comme les recommandations des comités consultés vont plutôt dans le sens d’un contrôle par les gouvernements provinciaux, je doute un peu de la façon que ça va se faire et me demande si c’est vraiment une bonne idée laisser le commerce d’un produit à une entité qui ne l’aime pas vraiment et de donner accès à ce produit à une majorité qui autrement s’en passait sans trop s’en plaindre.

Les consommateurs actuels, qui sont habitués à un certain produit d’une certaine qualité, vont-ils délaisser leurs fournisseurs habituels pour passer au produit contrôlé par l’état, qui ne tardera pas à avoir la même attitude face à ce produit que celle qu’il a quant à la cigarette. Ou qui limitera la quantité de THC ou de CBD des produits disponibles, parce qu’un autre comité en aura fait la recommandation. Si c’est le cas, plusieurs vont vite revenir à leurs anciennes habitudes et l’un des objectifs de cette nouvelle loi passera dans le beurre. Mais il ne faut pas se leurrer. La vraie raison de vouloir légaliser cette substance c’est son potentiel de remplir les coffres de l’État et les recommandations faites dans le sens d’une gestion par celui-ci de son commerce sont du même ordre. C’est une bonne idée pour l’État, mais ça n’améliorera pas la situation économique des Canadiens. Ce n’est pas comme si l’État est si habile que ça à gérer les finances publiques, juste à voir le gouffre du déficit causé par de nombreuses administrations supposément meilleures que les précédentes pour s’en convaincre. Comme on peut s’y attendre, certains privilégiés vont s’en mettre dans les poches, mais la majorité n’y verra que de la boucane et sera sûrement un peu plus mêlée qu’avant devant cette nouvelle magouille légale.

Loin de moi de vouloir faire l’apologie des criminels ou autres commerçants « alternatifs », mais c’est être de mauvaise foi que de prétendre qu’ils ne participent pas à l’économie parce qu’ils ne paient pas des impôts spécifiquement sur ces produits. Indirectement ils le font. Parce que l’argent c’est fait pour être dépensé et ils ont des maisons, des autos, vont au restaurant, s’habillent et tout le reste, comme n’importe qui. Ce qui enrichit plein de monde autour d’eux. Multiplions ça par 1000 ou plus, et l’effet sur l’économie est assez probant. Mais si on concentre ce commerce entre les mains d’un monopole de l’état, je doute fortement que ces sommes aient le même effet et qu’on aille enfin des écoles qui ont de l’allure ou des routes carrossables. Mais on peut être sûr qu’une compagnie X va profiter d’un juteux retour d’ascenseur et distribuera le résultat à quelques privilégiés pour engraisser leurs paradis fiscaux respectifs. Ce n’est pas comme si on n’avait jamais vu ça avant. Plutôt que de répéter les mêmes scénarios comme celui de la SAQ, ça serait vraiment plus souhaitable de laisser pour une fois les entrepreneurs profiter d’une manne qui, on s’en doute, aura des retombées positives et qui profitera quand même à l’État. Et de penser aussi à ceux qui sont déjà des consommateurs, ceux qui ont milité pour sa décriminalisation depuis longtemps et ceux qui savent de quoi il est question. Parce que selon ce qui se dessine, ces braves se retrouveront exclus d’un processus qui aurait à gagner de leur implication.

Le cannabis peut être aussi intéressant que la bière, tant qu’on laisse aux petits producteurs et détaillants la chance de le démontrer. Parce qu’un monopole d’État rassurera peut-être ceux qui ont toujours été contre ce produit, mais ne desservira pas adéquatement ceux qui feront résonner le tiroir-caisse de l’État et au final, on se retrouvera encore avec un marché parallèle qui profitera de ce commerce pour refiler autre chose que la qualité à laquelle on sait capables les producteurs actuels et des connaissances de ceux qui en vendent. Ce n’est pas tous des Hells Angels ou des louches du Square Berri. Si on est rendu à la légaliser, c’est parce que ces gens-là ont su convaincre de façon intelligente ceux qui ont le pouvoir de changer les lois. Ça serait bête de ne pas profiter de ce qu’ils ont à offrir et ça serait au bénéfice de l’ensemble des Canadiens. Et de l’État aussi.

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