50e anniversaire du Café Campus – Claude Simard

50e anniversaire du Café Campus – Claude Simard

Arrivé au Café Campus en 1973, Claude Simard sera en première ligne de l’époque tumultueuse qui menera à l’achat de l’entreprise par ses employés et l’un de ceux qui réalisera l’auto-gestion au début des années 80. Après 38 ans de services et d’engagement au sein du Café Campus, il prenait un retraite bien mérité en 2011. Il revient ici sur son arrivé, l’esprit de l’époque, la réalisation de l’auto-gestion et le déménagement sur le Plateau-Mont-Royal. Bonne écoute.

50e anniversaire du Café Campus - Claude Simard

par Café Campus | 50e anniversaire


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C’est nous autres les kings #15 – Mardi Noir

C’est nous autres les kings #15 – Mardi Noir

À l’aube de la parution de son 2e album, Mardi Noir s’est prêté à l’exercice de l’entrevue de promotion mais avec une twist “C’est nous autres les kings”, au milieu d’une Casa del Popolo quand même assez bruyante pour un samedi après-midi. Pas grave, on monte le son, c’est le retour du rock, façon Mardi Noir. Bonne écoute.

C'est nous autres les kings #15

par Mardi Noir | C'est nous autres les kings


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La mort du CD

La mort du CD

Commotion dans le déjà fragile milieu du disque québécois, l’annonce de la faillite de DEP, l’un des principaux distributeurs de disques du Québec, en conséquence directe de la faillite du plus gros détaillant de disques au Canada, HMV. Quelque peu prévisible vu l’état des choses, c’est néanmoins un choc pour les étiquettes de disques qui faisaient affaire avec l’un ou l’autre et un sérieux avertissement pour les autres. Certains y voient le dernier signe vital d’un format qu’on annonce pourtant moribond depuis plusieurs années, mais qui malgré tout, persiste à survivre. On est loin de l’âge d’or des années 90, c’est vrai, mais bon an mal an, il se vend toujours des dizaines de millions de CD au pays et à travers le monde. Pas pire pour un mourant.

Le problème de HMV était son modèle d’affaires. Pour maintenir leurs bannières au sein d’un réseau de centre d’achats, ils devaient débourser des sommes faramineuses. Et quand la bulle du CD a éclatée, au lieu de déménager, ils ont opté pour diluer leur marque de commerce avec plein de cossins, mais sans se commettre envers le vinyle, dont on nous vante pourtant le retour depuis au moins 5 ans, si ce n’est pas plus. C’est plate pour eux, mais c’est de leur faute. Le pire dans l’histoire, c’est qu’ils entrainent dans leur déchéance une partie de l’industrie qui les a maintenus en vie à crédit si longtemps.

La disparition de DEP est peut-être le signe avant-coureur d’un déclin abrupt d’une certaine économie culturelle régionale. Mais que ça annonce la disparition du CD, pas si sûr. Les 3 grands de l’industrie vont continuer tant que le marché existera. Si aujourd’hui, il se vend encore 200 millions de CD par année et que la moitié de la planète n’a pas accès à internet, on peut présumer que le format a encore quelques années pour voir venir.

Parce que malgré tout ce qu’on en dit, le CD est et demeura supérieur à tous les supports ou médias qui ont pu exister pour transporter de la musique. Pas cher à faire, fiable, assez durable et la qualité sonore égale ou même surpasse le vinyle. Tout dépend de ce qu’il y a dessus.

Le vinyle c’est bien quand tu es chez toi, tranquille, avec personne qui saute ou d’enfants qui se font des châteaux avec les pochettes. Dès que tu sors de chez vous, bonne chance. Et foi d’ex-DJ, je n’étais pas fâché de mixer avec des waves au lieu de vinyles wavés.

Le stream ou le fichier mp3, ça peut faire la job. Jusqu’à ce que ton cell et/ou ton ordi pètent. Adios les 300 000 chansons.

Ou le stream, avec la facture de cell sur les stéroïdes et le plan ultra vitesse gros débit à 100 $ chez vous, tu finis par la payer cher ta musique gratuite.

La cassette, personnellement, je trouve que c’était le meilleur format jadis, mais on roule encore avec les vieux lecteurs et on ne voit pas un grand mouvement chez les manufacturiers pour répondre à une demande assez importante pour le justifier.

Mais son coût, son côté pratique et son accessibilité ont rendu de grands services à la musique, c.-à-d. le hardcore, le rap et le métal. Sans la cassette, pas sûr que tous les groupes qui se sont fait connaitre à l’époque auraient eu les moyens de se payer un vinyle ou un CD, qui étaient ridiculement chers à produire au courant des années 80/90. La cassette a été à la base de la révolution musicale née du punk DIY. Tout l’alternatif des années 90 vient de là.

Et le CD est venu tranquillement le remplacer. Aujourd’hui produire un CD coute 1 dollar et quelques. Un vinyle, $8 à $10 minimum. Une cassette (oui ça se fait encore), 2 $ — 3 $, moins si tu le fais maison, mais faut avoir le temps. Le numérique c’est gratuit au départ, mais c’est au long terme que ça se calcule et c’est jusqu’à la fin des temps ou presque. Mais c’est le même concept si tu es distribué et vendu en magasin, la proportion par rapport est à peu près la même. Sauf, encore une fois, si tu le fais maison, mais faut avoir le temps.

Et tout ça, c’est sans compter les heures investies pour faire cette musique, l’équipement, l’enregistrement, la pochette, etc. Si tu veux pouvoir amortir les coûts en revenus directs, le CD demeure encore le meilleur rapport investissement/retour. Tout dépend de ton public.

Si tu fais du jazz de Noël ou de la musique pour enfants, le CD est encore le meilleur médium. Pour du dad-rock ou du folk néo-vintage, c’est le vinyle. Du spazz-punk bruitiste, la cassette. Pour l’Indie-Rock ou l’Électro, les mp3. Et encore, on s’achète du Nina Simone en vinyle et du Buck Owens en mp3 aussi. Ça dépend vraiment de la clientèle. Et à moins que celle qui préfère encore acheter sa musique sur CD ne meure tout d’un coup, il est bien prématuré d’annoncer la mort du CD.

Ce qui risque de changer au courant des prochaines années, c’est l’endroit ou on achète notre musique. Au Wal-Mart au lieu du HMV ou iTunes au lieu du Wal-Mart. Le disquaire indépendant ou la plateforme internationale. La suite reflètera ces choix. Et on aura à assumer les conséquences.

Comme des faillites, des pertes d’emplois et des locaux vides. C’est plate, mais c’est de notre faute.

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Critique d’album – Héliodrome : Le Jardin des Espèces

Critique d’album – Héliodrome : Le Jardin des Espèces

Héliodrome – Le jardin des espèces

Endemik Records – 2017

 

On le sait, le rap, comme le rock, a évolué en différentes branches depuis que le Sugarhill Gang a mis le style sur la carte. Si aujourd’hui il semble omniprésent dans la pop et que l’underground pullule d’allitérations des phares du genre, une frange importante s’est tout de même investit à le faire évoluer et de l’amener dans des directions où old school et new school ne représentent plus l’avant ou l’après, mais plutôt un matériel qui nourrit l’œuvre pour tenter de définir la suite.

Héliodrome, qui propose ici un 3e album complet, est un bon exemple de cette exploration des confins du rap. Mené par Khyro, ex-Atach Tatuq, et Pascal Langlais, le groupe formé également de Pierre-Guilhem Roudet, Samuel Bobony et Éric Gingras repousse les étiquettes en s’en forgeant une qui leur est propre. Si Khyro se réclame toujours du rap, sa livraison et la structure des textes le confirment, la musique quant à elle n’en a rien à faire et pousse la forme en imbriquant différents courants comme le rock, le free-jazz et la musique expérimentale pour créer une trame hypnotique qui porte aussi loin que la proposition poétique de Khyro.

Flirtant avec le rendu du slam, Khyro plonge sa plume dans son monde intérieur pour coucher sur l’album et la scène le fruit d’une introspection qui sans être mélodramatique, témoigne d’une certaine douleur, mais surtout d’une lucidité qui transcende les allégories construites pour la rendre moins brutale. La trame sonore s’avère parfaite pour nous entrainer au sein de cet univers parfois glacial, mais où l’on peut reconnaitre des paysages familiers et qui nous amène vers une introspection personnelle plus ou moins confortable.

De par sa forme et son contenu, Héliodrome ne cherche pas à nous conforter dans nos habitudes. Et même si la filiation est évidente, son passé n’est pas une indication de son présent ni de son futur. L’exploration demeure la seule constante. Si l’un des albums, eps ou projets parallèles vous a choqué, plu ou laissé indifférent, cette nouvelle proposition mérite que vous y prêtiez à nouveau l’oreille. Que ça soit pour confirmer ce que vous en pensez ou pour l’écouter avec de nouveaux paramètres, l’expression singulière d’Héliodrome a l’ambition de ne pas se réfugier dans le confort et de confronter les idées reçues tant du côté du rap que de la musique expérimentale. Parce que le résultat ne saurait être défini par une seule étiquette et qu’en cette époque de hashtag et d’algorithmes, la marge représente encore un espace de liberté qu’il faut préserver et cultiver. Avec le Jardin des Espèces, Héliodrome sème et récolte un fruit différent qui surprend et alimente une partie du corps souvent négligée par la musique aujourd’hui, la tête.


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