Le marché mondial de la musique électronique voit sa croissance ralentir.

Le marché mondial de la musique électronique voit sa croissance ralentir.

D’habitude on repost ce genre d’articles sur notre Facebook mais là on se sert de notre Facebook pour pousser notre propre contenu, bref, cul-de-sac! Donc on met ça ici, en plus ça va rester un peu plus longtemps et ça va donner un peu de juice pour les discussions futures.

Bonne lecture.

http://www.billboard.com/articles/business/7385168/global-electronic-music-industry-growth-slows-still-worth-billions

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Seba — Y’a tout le temps de quoi.

Seba — Y’a tout le temps de quoi.

Ça commence cliché, dans un café sur Ontario, dans le coin pas de nom entre le Centre-Sud et Hochelaga. On se rencontre pour jaser « business », mais ça s’étire au-delà, fait longtemps qu’on se connait, qu’on s’apprécie. C’était pas censé être une entrevue, mais comme on a fait le tour de ben des affaires, y’a de quoi à faire avec ce qui aurait pu n’être qu’une bonne jasette.

Le prétexte, c’est son projet solo qu’il a commencé avec Dj Horg. C’est embryonnaire, mais il est excité, content de se remettre en mode créatif. Gatineau aussi est reparti, sollicité pour un festival, mais avec l’intention d’aller plus loin, le fun est revenu et l’avenir semble positif. Mais impossible de parler de Gatineau sans parler de « Karaoke King », l’album maudit, qui a fait débouler le band en bas du stage et signifié le break qui s’est achevé récemment. Créé dans une tempête de plein d’affaires, l’album a reçu de tièdes critiques et le reste s’est défilé à partir de là. Peu de support du label, pas de shows, c’était le cul-de-sac et les boys sont partis chacun de leur côté.

Seba s’est investi comme DJ et a éventuellement rencontré ceux qui allaient devenir ses collègues de Cargo-Culte, projet prometteur, mais qui n’a jamais vraiment eu la chance de quitter le quai. Ça a été quand même un plus dans son parcours et une façon de se réapproprier sa propre personnalité. L’aventure de Gatineau a été telle pour Éric Brousseau que Seba/Mc Brutal ont pratiquement effacé l’homme derrière les personnages. Et que dans la tempête de plein d’affaires, y’avait ça. Il avait un besoin d’équilibre et ça l’a mené à laisser tomber une couple de vices. Et que malgré tout, prendre une distance entre lui et Gatineau, c’était peut-être la meilleure affaire qui pouvait lui arriver à ce moment-là.

Frustré par la déconfiture de Cargo-Culte, il doutait de revenir sur scène un jour. Mais après un certain temps, il testait quand même Keuk pour voir si y’avait de quoi à faire avec Gatineau. Ça branlait, mais ce n’était pas un non non plus. Juste assez pour redonner le goût au MC de s’y remettre. L’étincelle était revenue. Ses années de DJ lui ont donné également un désir de revenir aux racines du rap, à ses racines, et de s’approcher un peu plus des reals . D’où le projet avec DJ Horg, parce que comme  real, c’est dur à battre et qu’à la base de la carrière de Seba, Horg a été son teacher, c’est même de lui que son patronyme est venu, bref un retour aux sources pour se pitcher dans le futur.

Le fait d’avoir ce projet en plus de Gatineau libère Seba d’avoir à choisir entre le définitivement Nu School/hybride/wtf de Gatineau et d’où il vient, le rap pur des 80’s. L’un n’empêche plus l’autre. Il a trouvé ses exutoires. Ce qui rend l’artiste fébrile à l’idée de retrouver son stage et de pouvoir dire ce qu’il à dire, de la façon qu’il le désire. Et ce, bientôt.

Parce que comme artiste, Seba a signé une œuvre qui a laissé une marque dans la discographie québécoise, avec une interprétation scénique unique qui a marqué quiconque a pu y assister. Sans entrer dans une appréciation subjective de cet apport, une voix comme la sienne est nécessaire encore aujourd’hui, même plus si on considère son futur projet avec Horg, comme un pont entre les différentes écoles du rap qui se dispute l’attention d’un public qui s’y perd un peu face à la multitude et qui n’est pas nécessairement conscient de cette diversité.

Et que, c’est peut-être plate à dire, qu’un artiste est souvent plus intéressant si il a connu l’adversité et qu’à ce rayon, Seba s’est donné et que la suite promet si cet adage s’applique. Il n’est plus jeune jeune, mais justement. L’écosystème musical actuel n’est plus l’affaire de la nouvelle saveur du jour, mais d’une réappropriation perpétuelle d’éléments du passé magnifiés en HD. Si Seba peut se servir de Gatineau pour ouvrir de nouvelles portes, go man. Le besoin est là et c’est peut-être à lui d’en combler une partie. À voir si ça va réussir, mais encore là, souvent le trajet est plus intéressant que la destination et ici aussi, Seba a livré la marchandise. Pas riche dans les poches, mais millionnaire dans le cœur. C’est mieux que ben des affaires.

Patrice Caron

Patrice Caron

Chroniqueur

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Tout le monde veut jouer avec Pépé

Tout le monde veut jouer avec Pépé

Du même nom que sa série de capsules web, le 7e album de Pépé et sa guitare suit aussi un des traits de cette série qui illustre bien l’artiste et c’est la convivialité. Car sans être la grande vedette qu’il ne veut probablement pas être, Pépé c’est l’artiste qui fait le pont entre l’underground et la strate supérieure, un genre de col bleu du showbiz, qui malgré les modes qui passent, se renouvelle dans la continuité et qui met de l’avant autant le trip de tout ce qu’implique son métier que l’œuvre en tant que telle. Et qui nécessairement en chemin, se fait pas mal d’amis, dont quelques-uns participent à cet album. Marc Dery, de un. Ex-Zébulon, qui réalise l’album. On retrouve aussi Chafiik (Loco Locass), Alex Fecteau (Planet Smashers) et Steve Hill, en plus de Félix Soude et François Gaudreault. Mais ce qu’on y retrouve surtout c’est sa fameuse guitare, qui a tendance à être un peu oubliée, mais qui se doit d’être soulignée, car au-delà de la justesse de la vision de l’artiste et ses textes qui font mouche, la mention « et sa guitare » n’est pas anodine. Et si il y a une chose que ce nouvel album souligne, c’est la qualité du musicien et de son jeu de guitare. En ce sens, la réalisation de Dery met en valeur cet aspect et faire autrement aurait été pas mal à côté de la plaque. Pour ce qui est des thèmes, on demeure dans les mêmes eaux auxquelles Pépé nous a habitués et c’est tant mieux, encore là, avoir fait autrement, pas sûr que ça aurait été une bonne chose.

Lancement mardi 17 mai au Verre Bouteille à Montréal et au District à Québec le 19 mai.

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Propriétaires

Propriétaires

En ce moment au Québec se déroule un débat quant à la présence et le rôle d’Uber, la fameuse compagnie californienne qui veut « révolutionner » l’industrie du taxi partout où l’on veut bien la laisser faire. On le traite de manière isolée, comme si ce n’est pas symptomatique d’une nouvelle industrie qui s’est développée au détriment d’industries locales et de proximité. Que ce soit Airbnb, Amazon ou Apple, l’objectif est le même, prendre des parts de marchés dites locales et de les intégrer à un marché global. Le système n’est pas nouveau, le concept des franchises fonctionne avec la même philosophie, mais au moins dans leur cas, une partie des leurs revenus finit éventuellement par échoir localement, que ce soit en taxes, impôts ou dans les entreprises connexes locales. Ce n’est pas le scénario idéal, mais c’est mieux que rien.

Là où Uber et les autres diffèrent, c’est justement par cette absence de lien réciproque avec les marchés qu’ils exploitent. Ils prennent l’argent qu’ils ont à prendre et vont l’investir ailleurs. Rien ou presque ne revient dans le milieu qu’ils pillent. Parce que c’est de ça qu’il est question, un pillage. On peut se moquer de la disparition du club vidéo du quartier, très populaire il n’y a pas si longtemps, mais qui est rapidement tombé en désuétude sous les assauts du streaming et plus particulièrement de Netflix. Et on se l’avoue, la promesse d’une bibliothèque infinie de films au bout du clic, c’est tentant pas mal. Sauf qu’au niveau économique, on y perd. Parce que Netflix, même si elle est imposée et doit payer certaines licences, ne verse pas le même argent dans le système. Système qui doit alors payer plus pour demeurer au même niveau, mais qui plus souvent qu’autrement coupe où c’est possible pour s’adapter aux nouvelles conditions. Avec les fermetures, pertes d’emplois et de revenus que cela suppose. Prenez cette réalité et adaptez-la à n’importe quelle entreprise en compétition avec un service web équivalent, Amazon, Apple, Spotify, etc. Ça commence à faire peur.

Les entreprises de communication canadiennes comme Vidéotron, Telus ou autres réussissent à profiter de ce nouvel ordre mondial, mais le problème demeure entier, car ce n’est pas des commerces de proximité et qu’encore une fois, les sommes perçus en taxes ou autres, sont loin d’égaler celles encore en cours jusqu’à tout récemment et ne se retrouvent pas nécessairement dans les mêmes poches qu’avant. Et c’est sans évoquer le débat sur les redevances sur les produits culturels dématérialisés qui met en cause la responsabilité de ces derniers. Et n’abordons pas le cas des appareils qui desservent cette technologie, on est encore moins bien servi.

On a fait grand cas dans certaines sphères de la disparition des sièges sociaux et avec raison. Mais il faut aussi adresser la question de la fuite des capitaux que provoquent la libéralisation des marchés et la dématérialisation du commerce. Peu évoqué dans le débat provoqué par Uber, c’est surtout de ça qu’il est question pourtant. Les chauffeurs de taxis sont chanceux dans le fond, ils rapportent encore assez d’argent à l’État pour que celui-ci agisse et force ce concurrent déloyal à suivre les règles établies. Mais qu’en est-il des autres domaines ? L’hôtellerie face à Airbnb et son réseau de fins finauds qui se font construire des condos pour inonder le marché et faire concurrence à des institutions qui doivent réussir à survivre avec des charges autrement plus lourdes. Et les industries culturelles, comme la musique, première victime de l’assaut des technos et qui a du se plier aux réalités imposées par ceux qui pourtant ont besoin de ce contenu pour exister. On peut dire merci à Napster et autres Pirate Bay d’avoir bien dévalué le contenu en amont du torrent et forcer ceux qui le produise à finalement accepter l’inacceptable et troquer une juste rémunération pour des marques d’affection. Mais vu que l’amour ça ne paie pas le loyer, tout l’écosystème qui rendait possible la production de ces contenus s’est retrouvé sous les assauts d’un bulldozer et de grands pans de cette industrie sont disparus, sans illusion de retour comme dans le cas du vinyle. Même marginales, les sommes qui revenaient dans nos poches étaient un investissement dans notre culture. Maintenant que ces sommes ne reviennent plus, qui investira dans notre culture ? L’État fait sa part, mais ce ne sera jamais assez pour résorber le vide que cette situation a créé, ni même ralentir sa progression, jusqu’à ce qu’il ne reste que ça, du vide.

Il est indéniable que le progrès engendré par le web surpasse de beaucoup les inconvénients. Mais ce qui était à la base une promesse de liberté devient de plus en plus contrôlé et tarifé. Par ceux-là même à qui le web était censé reprendre le pouvoir. Et à moins d’une nouvelle révolution du même ordre, ce n’est pas près de s’améliorer. Il est de bon ton en ce moment d’être pro-techno, c’est le progrès, l’avenir, le monde de demain. Sauf qu’il faut quand même s’interroger sur ces innovations, leurs conséquences à long terme et ajuster au besoin nos lois et règlements pour que ce progrès soit bénéfique à l’ensemble et non seulement pour le compte en banque de ceux qui ont le contrôle de ces innovations. Progrès oui, mais pas à n’importe quel prix.

Beaucoup rêvent encore d’être les prochains Twitter, à se faire acheter pour des milliards et de faire le party avec Kanye pis Guy Laliberté. Et on les encourage. C’est le nouvel El Dorado. Tant au privé qu’au public, on y croit et on y investit. C’est pour eux la façon de faire sa place dans le monde numérique. Peut-être. Mais j’en doute. Tant que la machine ne nous appartiendra pas, nous en serons toujours les vassaux, ses serviteurs. Ses clients. Du moins, tant qu’on aura de l’argent à mettre dedans.

La mondialisation est venue fragiliser les communautés pour servir les intérêts des grandes corporations. Ses effets, crises économiques, pollutions, inégalités sociales exacerbés n’iront qu’en s’aggravant. Le Canada et le Québec ont réussi à s’en tirer plus ou moins bien, malgré une dépendance inconfortable aux ressources naturelles et ses fluctuations boursières. Parce qu’ils ont pu compter sur des lois qui déplaisent aux intérêts des multinationales, mais qui ont su préserver des marchés importants pour l’économie locale. Mais comme dans tout, ces acquis sont perpétuellement attaqués et des brèches apparaissent dans le Bouclier canadien. Advenant la ratification de l’accord Trans-Pacifique par exemple, c’est tout un pan de notre économie qui sera avalé par les corporations et le Canada ne pourra compter que sur ses ressources naturelles, limitées malgré l’impression qu’on nous en donne, pour se maintenir dans le peloton des nations modernes. Bel avenir en perspective…

Mais comme le web nous permet encore de rêver, pourquoi ne pas l’investir ? Pas juste y investir, mais y prendre aussi sa place. Y faire son territoire. Et servir notre communauté avec les outils que le web nous offre. S’assurer que lorsqu’on sort dehors, il n’y a pas juste des restos pis des condos. C’est faux de croire que le web c’est sans frontière. Netflix est régi (thank God) par le CRTC et doit se conformer pour pouvoir diffuser ici. Tout comme la plupart des diffuseurs de contenus qui utilisent nos réseaux pour distribuer ce qu’ils veulent bien adapter à ces critères. Il est possible d’utiliser ces outils à notre avantage et de modeler cet univers à nos besoins et attentes. C’est même ce qui devrait être une priorité nationale. Ce n’est pas quand les multinationales auront pris toute la place et fait tomber toutes les restrictions qu’il faudra agir. Si on a une chance de stopper ce glissement de terrain, c’est maintenant.

Espérons que les consultations présentement menées par les instances gouvernementales concernées arrivent au même constat, ou qu’on prouve d’une façon ou d’une autre que j’ai tort et que l’avenir est rose avec des brillants pour les différentes communautés qui dépendent du commerce pour survivre. Parce que peu importe comment on voit ça, le web est là pour rester et si on veut continuer à progresser, faut y être. À nous de choisir si on veut être visiteurs ou administrateurs. Propriétaires ou locataires. Vendeurs ou clients.

Patrice Caron

Patrice Caron

Fondateur

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