Distorsion – La revanche psychédélique de Montréal.

Distorsion – La revanche psychédélique de Montréal.

Un nouveau festival psychédélique voit le jour cette année à Montréal, question de faire oublier les plus récentes tentatives des dernières années qui ne furent pas trop concluantes, c’est le moins qu’on puisse dire. Si les Nuits psychédéliques de Québec s’avèrent un succès, le pendant montréalais s’est retrouvé miné par différents problèmes que le manque de public n’a qu’accentués, dans une ville qui pourtant peut se vanter de son public averti en matière de scène psych.

On souhaite du succès à la nouvelle équipe derrière ce festival, qui se veut dans la lignée des Psych Fest qu’on a vu apparaitre ces dernières années, particulièrement le Levitation d’Austin, dont le succès a, on s’en doute, motivé certains à tenter la formule. Cette première édition de Distorsion reste dans les limites du raisonnable quant au déploiement des concerts et concentre sous un même toit la majorité de sa riche programmation, dans un nouvel espace, le Matahari loft au 1637 Mont-Royal Est (près de Papineau), sauf pour son BBQ dominical, à l’incontournable Esco.

Du 12 au 15 mai 2016.

www.distorsionMTL.com

Patrice Caron

Patrice Caron

Fondateur

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Black Moon Boys – Renaissance Rockabilly

Black Moon Boys – Renaissance Rockabilly

De tous les styles musicaux récurrents, le rockabilly est probablement celui qui ne cesse de renouveler son public et le bassin de groupes qui le pratiquent. Même si ce son a été repris et joué à toutes les sauces, le format traditionnel demeure pour plusieurs le seul et unique son qui vaille.

Ils trouveront leur compte avec les Black Moon Boys, récente formation rockabilly montréalaise, avec notamment au chant Marc-André Pilon, l’auteur/polticien/musicien qui a débuté derrière la batterie des Ordures ioniques, groupe punk des années 90, et qui cette fois s’entoure d’un trio batterie, contrebasse et guitare pour revisité le rock’n’roll originel.

Ils ont de plus retenu les services d’une éminence dans le style au Québec, Michel Dagenais, pour réaliser leur premier EP, à paraitre le 1er avril 2016. Où vous trouverez entre autres la pièce « Upside Down », premier extrait vidéo.

Patrice Caron

Patrice Caron

Fondateur

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Montréal New Wave 1979-86 : Retour vers le futur

Montréal New Wave 1979-86 : Retour vers le futur

Lancé aux Rendez-vous du cinéma québécois de 2016, le deuxième film d’Érik Cimon sur l’underground montréalais, cette fois sur le new-wave, est la suite logique de celui sur le punk, MTL PUNK : La première vague, qui avait été présenté également dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois en 2012. Attendu, le documentaire tente de saisir l’essence d’une époque qui fut vécue de façon unique par chacun de ses protagonistes et qui, nécessairement, en laisse quelques-uns sur leur faim. Pour ceux qui en étaient, il manque des bouts, c’est certain. Pour les rares spécialistes de l’époque, il aurait fallu pratiquement une série de treize épisodes pour faire le tour du phénomène et saisir le foisonnement que le post-punk a engendré. Mais voilà, ce n’est pas l’objectif de ce film, et comme avec MTL PUNK : La première vague, le réalisateur a choisi pour présenter le sujet de se concentrer sur un noyau de contributeurs qui font une assez bonne synthèse de l’époque et qui évoquent à leur façon l’énergie qui a caractérisé ces années. Jean-Luc Bonspiel (alias Kiki Bonbon), Alan Lord, Ivan Doroschuk, Jean-Robert Bisaillon, Rick Trembles et autres Monty Cantsin y présentent un aperçu de leur contribution à cette scène, avec une appréciation du mouvement en général, avec une bonne sélection d’images de l’époque et une trame sonore qui, en plus de rafraîchir la mémoire de certains, donnera des pistes de recherche pour plusieurs, parce qu’encore une fois, même si on a l’impression de n’avoir que survolé la richesse de la création de l’époque, le documentaire nous laisse tout de même entrevoir un corpus qui confirme encore la pertinence et l’avant-garde de la musique québécoise. Si ce n’est pas le document définitif que certains auraient espéré, il a néanmoins le mérite d’avoir actionné l’interrupteur et dirigé la lumière sur un underground méconnu par plusieurs, chose qu’aucun média ou presque n’avait pris la peine de faire jusqu’à maintenant. (K)

Un film d’Érik Cimon — 2016

Présenté en salle dès le 29 avril 2016

Patrice Caron

Patrice Caron

Fondateur

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« Do you remember when we were French? »

« Do you remember when we were French? »

À en en croire tant les oiseaux de malheur que les réalistes, la culture francophone d’Amérique se meurt, et ce n’est qu’une question de temps avant qu’elle disparaisse. Avec la mondialisation des médias et l’universalisation des moyens de diffusion, c’est une extrapolation possible et qui malheureusement se concrétisera si finalement ceux qui gardent cette culture vivante abdiquent et se rangent du côté de la majorité.

Dans une vision Star Trek de la vie, une telle finalité est inéluctable si on veut atteindre un état unique pour la planète, avec une langue commune, présumément l’anglais, pas de religion et ainsi de suite. On pourrait en tant que peuple décider inconsciemment ou non de se fondre dans la masse, de devenir citoyens du monde, une succursale comme une autre, et de servir le bien commun en ne détonnant pas du reste en vue de se conformer à cet idéal que d’autres auront imaginé pour l’avenir de l’humanité. L’allégorie des Borgs n’est pas trop loin, étrangement, de celle de l’humanité, mais c’est un autre débat.

À mon ton, vous devinerez que je ne suis pas très chaud à l’idée que l’on doive se conformer à un idéal où tout le monde est égal… sauf si t’es riche! À mon avis, ce sont les différences qui font l’intérêt de quoi que ce soit, pas les points en commun. Si on aspire à devenir des zombies dociles et productifs, peut-être, mais j’ose imaginer qu’on tend vers autre chose, une vie sur mesure, unique, qui nous satisfait, tout en apportant certains challenges qui nous laissent une impression d’inachevé, qui nous font avancer et innover, bref, vivre pour vrai. Estie de belle utopie, mais c’est mieux que de tripper sur un superhéros qui marche sur l’eau et qui revient à la vie. Me semble.

Au Québec, on est chanceux d’avoir cette différence. Seul territoire francophone d’Amérique. Aucune compétition. Le wet-dream du businessman. Mais la plupart du temps, c’est vu comme un désavantage, comme si on avait plus de chance si on était pareil comme trois cents millions de personnes… Il faut au contraire voir ça comme une opportunité. On a un produit unique, présentons-le comme tel. Avec le bravado du bro ben fier de ses abdos.

Et ça ne s’applique pas seulement aux francophones. Il faut que les anglophones protègent cet atout : c’est cette réalité qui rend Montréal et le Canada particuliers aux yeux de la planète. Le reste est bien cute, mais pas exceptionnel, mais ce territoire francophone au sein d’une mer anglophone, oui, lui il l’est, exceptionnel. La base du multiculturalisme canadien repose sur cette grosse minorité francophone, cofondatrice du Canada, qui définit le visage du pays autant, sinon plus, que tout autre groupe linguistique.

Cette une réalité qui se situe au-delà du territoire et de la politique idéologique, et elle ne devrait pas faire les frais d’initiatives partisanes qui amalgameraient le mouvement d’affirmation nationale de certains politiciens québécois à la promotion de la présence francophone en Amérique. Cette réalité est le fondement de la culture canadienne, une réalité qui transcende les allégeances politiques. À moins de vouloir sa disparition, et ça, ça existe depuis plus de deux cents ans. Et si on est encore là, c’est que ça ne marche pas fort cette affaire.

Dans une économie malmenée par les fluctuations du marché des matières premières, des alternatives doivent être développées, et j’ai l’impression qu’on passe à côté d’un secteur de l’économie qui pourtant score fréquemment, qui s’exporte plutôt bien et qui coûte pas mal moins cher à extraire que d’autres matières premières : la culture. Quand on regarde le nombre de têtes créatives dans l’ensemble de notre population, on a une maudite bonne moyenne au bâton si on se compare au reste du monde. C’est vrai que la révolution numérique nous rentre dans les dents, mais jamais autant que les politiques qui nient à ce secteur son importance économique. Des erreurs ont été commises, il faut les rectifier, mais avant tout, il faut établir une fois pour toutes l’importance de la culture pour un pays. Déstigmatiser tous les porteurs de culture à travers le pays et s’en servir pour se démarquer, se vendre et redonner au Canada son avantage concurrentiel.

Nous avons passé plusieurs années à nous conformer à un marché conditionné par la puissante économie de nos voisins. À quelques exceptions près, le développement de nos marchés s’est réalisé outre-mer. Et nos succès reposent sur l’exceptionnalité du produit offert. Non sur le conformisme à un produit déjà largement diffusé. Il serait donc logique de cultiver cette différence, d’en faire une marque de commerce et de refaire l’image du Canada en s’appuyant sur l’exceptionnalité de sa culture.

L’élection de Justin Trudeau peut donner l’impression que le pays a retrouvé son état naturel et qu’avec le temps, les dommages causés par l’administration précédente seront réparés. Mais tant que les francophones et les autochtones seront vus comme des étrangers par les autres Canadiens, la fameuse réconciliation nationale n’aura pas lieu. Le multiculturalisme canadien a été une tentative d’imiter le fantasme du melting-pot américain, qui est surtout une union bien inégale de différents groupes ethniques et religieux, dominé politiquement par les descendants des premiers colons, qui imposent au pays une vision idéologique bipolaire qui repose en grande partie sur une utopie sidérale où des êtres mythiques vous ont élu au poste de kings of the world, parce que vous êtes fantastique. Ouin.

C’est une conception parfaitement abstraite de la réalité qui a mené à la fondation du Canada. Deux peuples fondateurs qui ont envahi un territoire déjà occupé, avec un seul vainqueur en fin de compte, mais qui n’a pu totalement exterminer ou assimiler les autres, qui a dû composer avec cette réalité avec plus ou moins d’enthousiasme, avec un concept superbe en théorie, le multiculturalisme. Une façon plutôt gentille de dire « va chier » aux minorités les plus importantes du Canada en les nivelant au niveau des autres groupes ethniques ou religieux présents sur le territoire. Mais géniale quand même : ce que la force ou la déportation n’aura pas réussi, le multiculturalisme devait y palier. Mais cinquante ans plus tard, il faut bien le constater, cette politique a échoué. Parce qu’à part lorsqu’on les fait parader dans les fêtes de quartier ou que l’on illustre leur différence dans quelques publicités fédérales, quand met-on vraiment les multiples groupes culturels à l’avant-plan? Peut-on honnêtement affirmer que la majorité ne les perçoit plus comme des nuisances?

On a surtout affirmé une idée assez homogène de ce qu’est le Canada. Jusqu’à ce que les conservateurs arrivent, on vivait dans le plus meilleur pays du monde. Leur règne, ainsi que la montée de la droite au niveau mondial, a révélé le côté obscur des Canadiens. Avec son électoralisme basé sur le clivage, le Parti conservateur a magnifié les différences entre les différents groupes qui forment le Canada et les a opposés les uns aux autres, en misant sur le calcul qu’une majorité de Canadiens se rangeraient de son côté, et surtout en opposition aux minorités qui brouillaient sa vision de la vérité™.

Ce qui ressort de cette décennie, c’est surtout l’impression d’avoir mangé une volée. Et que maintenant, on a besoin d’un peu d’amour. Les différents groupes culturels du Canada vont demeurer et le pays sera toujours l’hôte enthousiaste de toutes ces cultures qui le rendent si attrayant aux yeux du reste du monde. C’est selon moi l’essence même de ce pays. Mais en contrepartie, il se doit de reconnaître à leur juste valeur historique l’apport des autres peuples fondateurs de la nation et leur redonner l’espace nécessaire pour s’épanouir. L’ensemble du Canada a tout à y gagner.

Et au niveau économique, surtout, il faut mettre ce qui nous distingue de l’avant et le mettre en marché. Comme la langue française telle que parlée au Canada est unique, vendons-la telle quelle, sans filtre politique, et voyons ce que ça donne. Si on a mis cinquante ans à élaborer un concept qui nous a pété en pleine face, on peut ben s’essayer sur quelque chose de moins abstrait idéologiquement : promouvoir l’essence même d’un peuple, sa langue, sa culture, sa différence, qui, en fin de compte, le place d’une façon unique dans un multiculturalisme mondial plutôt qu’en succursale brune d’une multinationale dirigée par de dangereux lunatiques.

La souveraineté du Canada ne tient pas seulement au nombre de sous-marins qui protègent les bouts de glace qui lui restent. Elle dépend de la place que le pays occupe dans toutes les facettes qui composent son identité et qui délimitent l’étendue de son influence. En cette ère de communication immatérielle, profitons de ces canaux pour y diffuser notre culture, pour prendre la place qui nous revient, et faisons-le avec ce que nous avons d’unique, le français d’Amérique du Nord. C’est un avantage concurrentiel en or, et on serait caves de s’en priver.

Mes deux cennes.

Patrice Caron

Patrice Caron

Fondateur

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